L’écologie des geeks, la grande hypocrisie

08.20.09 / intelligence économique / bertrand keller

La rubrique blogs « high tech » français présente quelques débats rampants, parfois un peu tabous, comme interdits. Le réchauffement climatique et l’écologie sont peu traités sur ces blogs, seules quelques gourous se lancent dans des articles, qu’ils pensent parfois comme complétements innovants.

En effet, le billet de Tristan Nitot (S’attaquer aux tabous pour devenir écolo) est d’une naïveté déconcertante. Après avoir traversé la planète plusieurs fois en avion, nous avoir vendu les mérites de la technologie, il moralise nos consciences en énumérant des thèmes écologistes simplistes.

Comment faire comprendre à Tristan que plusieurs fois dans sa vie, il a dû rencontrer des personnes pas forcément bien habillées, ayant réduit leur consommation de viande et prenant les transports en commun pour se déplacer ? Ces personnes, en sa présence, ont dû essayer de le convaincre que ces discours technophiles devaient être couplés à un autre argumentaire sur la pérennité de ses innovations afin de garantir un progrès (durable). Mais pour en faire l’expérience au quotidien, une projection à moyen ou long terme fait mal à la tête, la réalité du marché est un thème beaucoup plus évocateur.

Effectivement, les prévisons de croissance, les perspectives des réserves de marché, les promesses de reventes ont privilégiées la rentabilité sur la préservation de l’environnement et des écosystèmes. Tant et si bien que ceux qui ont, dès leur plus jeune âge, ont délaissé les sirènes de la réussite personnelle, ceux qui ont été rejetés pour leurs discours « négativistes » ont choisi d’autres chemins que celui de la technoscience. Voilà pourquoi, les classes dirigeantes ne sont pas à la hauteur du défi écologique, elles manquent sérieusement de diversité et doivent être renouvelées.

Quand je lis dans le billet de Tristan qu’il a peur de passer pour un révolutionnaire gauchiste par ses propos, je vous laisse imaginer la representation de certaines personnes haut placées sur notre monde. Heureusement, Karl existe, celui-ci a osé la critique envers Tristan : De l’écologie à l’écocide.

Peut-on parler de l’écologie et rouler en moto comme Tristan ? Peut-on parler de l’écologie et avoir pendant les 9 dernières années voyagé en avion ? Est-on vraiment crédible comme moi ? Est-ce qu’il n’y a pas un peu d’hypocrisie dans notre attitude bourgeois bohème de vouloir changer les choses sans vraiment l’appliquer à nous même ?

Il donne son avis sur la question à l’aide d’expérience personnelle. Seulement, sa conclusion est-elle aussi décevante :

Pour changer votre mentalité, la première étape est de changer vos rapports à vos modes de consommation. Cela ne sauvera pas le monde, mais vous forcera à voir le monde différent autour de vous.

Passez d’une culture de « Je veux. » à une culture de « J’ai besoin. »

Comme c’est gentil, comme c’est beau. Je, je, je. Mais de Tristan à Karl, le discours reste basé sur la consommation et un comportement individualiste. En quoi, ce disours permet-il de sortir du consumerisme ?

Le débat sur les enfants est d’autant plus foireux si on commence à calculer la consommation totale des troisièmes enfants en cumulant les consommations de chacun des troisièmes enfants, qui plus est dans une société basée sur le consumérisme. L’approche devrait être globale est potentiellement basée sur un autre mode de vie, moins dispendieux.

Pourtant, avoir un enfant de moins est 20 plus efficace pour réduire les gaz à effet de serre que toute une vie à utiliser des ampoules basse consommation ou un véhicule hybride. Et on a le tabou ultime, car on combat la parole divine, via le premier livre de la genèse, « Croissez et multipliez », reprise par le Pape Jean-Paul II.

Ne peut on pas garantir de la nourriture pour chaque enfant à l’échelle de la France ou de l’Europe ? La France est un pays avec une faible densité et des terres très fertiles, je ne vois pas en quoi, ce pays devrait limiter son taux démographique. Nous devons préserver les écosystèmes et préserver nos ressources à l’échelle d’un territoire, c’est sur ce thème qu’il faut travailler.

Ni la technologie, ni les initiatives individuelles ne sauront résoudre le problème écologique. Notre société a besoin d’une politique industrielle et culturelle adaptée aux évolutions de notre environnement.


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Commentaires ( 15 )

L’écologie des geeks, la grande hypocrisie…

chez bertrandkeller.info…

tribords.com ajouté le août 21 09 à 19:02

Vous écrivez :

Le billet de Tristan Nitot (S’attaquer aux tabous pour devenir écolo) est d’une naïveté déconcertante

Merci pour le compliment…

Je pense que ce que j’écris dans le billet que vous décriez est quelque chose que bien de mes contemporains occidentaux ne sont pas prêts à entendre (ce qui ne veut pas dire que c’est « completement innovant »).

Plus précisément voici ce que les occidentaux ne veulent pas entendre : « Changer de comportement est insuffisant, la crise appelle à un revirement en profondeur du système de valeurs que notre éducation, notre culture, notre histoire ont contribué à forger. »

Ne peut on pas garantir de la nourriture pour chaque enfant à l’échelle de la France ou de l’Europe ? La France est un pays avec une faible densité et des terres très fertiles, je ne vois pas en quoi, ce pays devrait limiter son taux démographique.

Vous avez raison, ça n’est pas le problème de la nourriture, c’est juste que notre mode de vie n’est pas « durable ».

Ni la technologie, ni les initiatives individuelles ne sauront résoudre le problème écologique. Notre société a besoin d’une politique industrielle et culturelle adaptée aux évolutions de notre environnement.

Dites moi juste comment vous voyez cette « politique industrielle et culturelle » émerger ?

Les citoyens vont l’exiger ? La classe politique va la sortir de son chapeau ? Je suis très intéressé par votre avis.

Que faites-vous à votre échelle pour que cela arrive ? Avez-vous au contraire accepté que cela n’arriverait jamais ? Vous contentez-vous d’espérer ?

Une fois encore, votre avis m’intéresse.

Tristan ajouté le août 20 09 à 16:01

C’est vrai, Tristan, la différence qui nous oppose est sur le point de vue pas sur les idées.

Comme vous avez pu le remarquer, je suis très proche des pensées de Bernard Stiegler. Celui-ci propose une très bonne synthèse de la nature et des limites de notre société. Son dernier livre, « Pour en finir avec la mécroissance », est écrit en collaboration avec Alain Giffard et Christian Fauré.

Alain Giffard parle de évolution historique de l’écriture et la lecture, qui est aujourd’hui numérique. Christian Fauré développe les concepts de stockage et de partage de l’informations à l’ère du Dataware.

L’association Ars Industrialis est militante d’un réenchantement du monde et d’un retour de la puissance publique (au niveau européen) pour un investissement garantissant la mutation industrielle actuelle (celle de l’information).

Ces idées prennent exemple sur ce qu’a pu faire Jules Ferry à son époque pour l’apprentissage de la lecture par toute une génération.

Investissons sur l’éducation pour l’apprentissage de la lecture numérique et l’émergence d’une culture utilisant ces nouveaux supports. Je crois que c’est un peu l’histoire de votre vie en fin de compte. Une génération éduquée et férue de partage devrait pourvoir être source d’une économie dynamique.

Ce monde viendra mais quand et comment ? Personnellement, je suis militant, c’est déjà pas mal.

Pour en revenir à l’aspect plus « écologique », je ferai d’abord remarquer que tous nos contemporains (une minorité peut-être) ne partagent pas le système de valeur consumériste, contre lequel, d’ailleurs, ils se battent au quotidien.

Il existe en France (par exemple) nombre de projets et de communautés qui ont pensé le devenir de nos territoires. De très bonnes revues parraissent régulièrement, elles traitent de ces sujets de manière très approfondie. La revue durable (http://www.larevuedurable.com/) est d’ailleurs un des meilleur magazine que j’ai lu. J’ose expérer que certains articles puissent être cités sur le standblog.

Pour parler de moi (je n’aime pas trop ça, je dois le dire), mon quotidien consiste à apprendre maîtriser les techniques d’écriture, de présentation, de diffusion (…) de l’information numérique. L’objectif est de contribuer au partage de savoirs faires et de techniques. Il est nécessaire de préserver le savoir de l’humanité et utiliser des techniques qui ont fait leur preuves, fussent-elles anciennes.

Je pense sincèrement que la réduction de la consommation et le confort de vie ne sont pas incompatibles. Combien de fois ai-je entendu que l’alternative à la consommation était l’âge de pierre ? Le progrès consiste à utiliser la technique la plus appropriée pour maximiser le confort de vie tout en préservant nos ressources.

Je voudrais participer à ce défi fascinant et concourir au bien être de notre société.

Malheureusement, je suis actuellement dans une période qu’on pourrait qualifier de réflexion. Je cherche une manière de concrétiser mes projets. Une sorte d’université du numérique pour la valorisation des techniques artisanales…

Ce que je veux donc dire c’est que l’enjeu écologique comporte de très nombreuses problématiques et que nous devons y faire face de manière collective. Je reste attentif et engagé.

Ce n’est pas forcément mon fort, mais j’espère avoir été clair.

bertrand keller ajouté le août 21 09 à 01:12

Salut,

>Comme c’est gentil, comme c’est beau. Je, je, je. Mais de Tristan à Karl, le discours reste basé sur la consommation et un comportement individualiste. En quoi, ce disours permet-il de sortir du consumerisme ?

justement parce que je ne suis pas naïf. :) La société actuelle oriente toutes ses valeurs vers l’individualisme. La notion de groupe est vécu comme une contrainte si ce n’est une violence. Le « Je » dans ma proposition est pour le sujet (l’individu) face à ses actes. Avant même de pouvoir agir ensemble, il faut que celui-ci puisse agir différemment et changer de mentalité. Pour cela il faut en quelque sorte désapprendre. La société de consommation transforme l’individu, pas le groupe, en simple Pavlov. Au final, il y a une seule personne qui met la main au porte-monnaie.

Le propos était de dire que la société de consommation est construite sur une mythologie du désir, de l’envie. La réthorique des publicitaires et gens du marketing est « Nous achetons car cela ne comblera pas un manque affectif, mais remplira une fonction d’extase et de jouissance. »

Passer du « Je veux » au « J’ai besoin » est sur le principe de changer son attitude face à la consommation. De se poser la question du pourquoi j’achète ceci. La démarche sera essentiellement personnelle avant de pouvoir même aborder une démarche collective. Une conscience collective, une solidarité de groupes ne se construit malheureusement pas simplement. Cela prend du temps, un contexte, de la confiance.

Pour pouvoir désapprendre son individualisme, il faut comprendre ce que l’on est comme individu. Et la plupart des individus sont bien loin de cela. Sans compter que ce désapprentissage est un trip de riches (pays, organisation, entreprise), les pauvres eux n’ont pas les mêmes contraintes, ils ne peuvent pas désapprendre, ils possèdent peu, et surtout ils ont beaucoup de besoin (santé, éducation, accès à de nombreuses choses réservées à une classe priviligiée).

Donc oui pour une conscience collective, mais avant cela il faut changer les consciences individuelles. Vous avez déjà passé ce stade, pas encore la majorité des individus.

Je ne connaissais pas la revue durable, mes références sont plus anciennes (dépassées ?) : Catalogue des ressources, Savoir Revivre, etc.

J’aime http://www.afrigadget.com/ par exemple.

karl ajouté le août 21 09 à 04:12

Comment faire comprendre à Tristan que plusieurs fois dans sa vie, il a dû rencontrer des personnes pas forcément bien habillées, ayant réduit leur consommation de viande et prenant les transports en commun pour se déplacer ?

La plupart des personnes que j’ai rencontrées et qui répondaient à cette description n’avaient pas fait ce choix de leur plein gré.

Le débat sur les enfants est d’autant plus foireux si on commence à calculer la consommation totale des troisièmes enfants en cumulant les consommations

Euh… 2 personnes consommant comme 4 ne revient-il pas au même que 4 personnes consommant comme 2 ?

Comme c’est gentil, comme c’est beau. Je, je, je. Mais de Tristan à Karl, le discours reste basé sur la consommation et un comportement individualiste. En quoi, ce discours permet-il de sortir du consumerisme ?

Le discours reste basé sur la consommation car il s’agit bien du problème au cœur du consumérisme. Et tu pourras retourner le problème dans tous les sens, pour vivre sans retourner à l’âge de pierre, consommer est une obligation.

Et ce même discours traite de comportement individualiste car nous vivons dans une société centrée sur l’individu, il faut donc d’abord sensibiliser l’individu pour que cette conscience collective de la nécessité de changer prenne forme.

Ni la technologie, ni les initiatives individuelles ne sauront résoudre le problème écologique.

Si ni la technologie, ni les initiatives individuelles ne peuvent résoudre le problème écologique, je te propose de laisser tomber la technologie et de laisser les gouvernements décider, ce sera moins fatigant que de chercher dans son coin la façon de faire bouger tout ça.

Pour atteindre une utilisation rationnelle des ressources, la technologie est incontournable.

Je te l’accorde, ce n’est pas suffisant pour résoudre le problème mais on ne peut pas s’en passer.

Pour terminer, ce ne sont pas tant les idées développées dans ton billet que le ton adopté pour les exposer qui m’ont énervé. Crois-tu vraiment que tu feras avancer la cause de l’écologie en rabaissant les quelques personnes motivées pour y participer mais qui n’ont pas la solution miracle ?

zigazou ajouté le août 21 09 à 07:55

Il suffit d’arrêter de manger de la viande, la consommation sera déjà plus intelligente et respectueuse de l’environnement… et cela profitera aussi au pays pauvres dont on pille les matières premières (soja,céréales) pour nourrir ces animaux…
Bref c’est facile de parler d’écologie, ca fait classe. Après c’est sur ca reste un risque important pour nos papilles… et l’être humain est trop égoïste pour y penser…Alors là on parle plus que d’éGologie

François ajouté le août 21 09 à 08:54

Je vois pas en quoi cesser de manger de la viande serait une consommation plus intelligente.
Jusqu’à preuve du contraire on est omnivore, et pour ma part étant allergique au poisson et anémique, la viande est essentielle à mon métabolisme.
Que chacun voit des solutions à son échelle c’est une bonne chose, mais tenter de l’imposer aux autres comme une solution incontournable n’est pas censé.

Si l’on part sur de tels raisonnements, personne n’est crédible pour parler d’écologie, tout le monde à un impact. Excepté peut-être certaine communauté qui ne vivent que sur leur seul labeur sans gâchis et avec un impact écologique moindre, mais bon le mec qui me dit « moi je vis avec les légumes que je cultive avec ma maison en terre cuite » ok il est crédible, mais moi je travaille, je paye des impôts, je consomme et je participe à la société, on peut pas être partout hein…

Celui qui prend l’avion se fera critiquer par celui qui roule en 4×4 qui se fera critiquer par celui qui roule en Hdi qui se fera critiquer par celui qui prend le bus qui se fera critiquer par celui qui prend son vélo, c’est sans fin et c’est totalement absurde.

Tout ca pour dire, que tu peux faire le choix de ne pas manger de viande, ou de pisser dans ta douche, ou de boire l’eau robinet, ou de préférer des gros pulls au chauffage, l’idée c’est de créer un équilibre, pas d’avoir le comportement parfait.

Alors a la question « Peut-on parler de l’écologie et rouler en moto comme Tristan ? » je répond : complètement. Parce qu’il est soucieux de compenser et c’est déjà beaucoup. Il pourrait rouler en moto et en avoir rien à foutre et gaspiller de l’eau, de la bouffe, de l’argent, des vêtements, et que sais-je encore ?

Je crois que le débat est trop centré sur l’écologie, que doit-on faire pour avoir un impact zéro sur la planète ?
Pourtant le problème de la surconsommation, du consumérisme, des idées reçues et imposées par la société sont malsaines et à combattre même si ça n’avait aucun rapport avec l’écologie.

Eloise ajouté le août 21 09 à 10:33

Dommage en effet que le ton de ce billet soit essentiellement critique : n’est-ce pas un peu facile de critiquer / railler les idées des autres quand on se contente de dire que la solution doit se trouver ailleurs ?

Investissons sur l’éducation pour l’apprentissage de la lecture numérique et l’émergence d’une culture utilisant ces nouveaux supports. Je crois que c’est un peu l’histoire de votre vie en fin de compte. Une génération éduquée et férue de partage devrait pourvoir être source d’une économie dynamique.

Je reste sur ma faim concernant l’émergence d’une « politique industrielle et culturelle » adéquate. Que faire alors ? Lire par le menu la liste de références évoquées ? Ne sont-ce pas des actions individuelles qui donneront l’impulsion pour que cet investissement devienne réalité ?

Le discours reste basé sur la consommation car il s’agit bien du problème au cœur du consumérisme. Et tu pourras retourner le problème dans tous les sens, pour vivre sans retourner à l’âge de pierre, consommer est une obligation.

J’ai du mal à voir pourquoi consommer serait une nécessité absolue. Qu’on en soit venu à ce système, OK, mais qu’est-ce qui nous garantit qu’il n’y a pas d’alternative ? Que dans deux siècles on fonctionnera toujours comme ça (si on fonctionne encore) ?

Un problème avec le mot « consommation » de nos jours, c’est qu’on lui donne souvent plus de sens que le simple fait de payer pour des biens, des services…

Stéphane ajouté le août 21 09 à 11:41

J’ai du mal à voir pourquoi consommer serait une nécessité absolue
Consommer ne veux pas forcément dire brûler du mazout… on peut aussi consommer des produits culturels (mais aussi produire et contribuer) par exemple.

Alex ajouté le août 21 09 à 12:48

Ne peut on pas garantir de la nourriture pour chaque enfant à l’échelle de la France ou de l’Europe ?

Ben non. La terre, l’europe, la france, ne sont pas extensible, de ce que je sais. Les terres cultivables ne sont donc pas extensibles. Malheureusement, la population croît. Il arrivera donc bien un jour où on ne pourra plus fournir pour tout le monde, même en ne gaspillant pas, même en trouvant des techniques de sur-production « écologique » (mais ce n’est pas pour demain, et celles existantes sont toutes néfastes pour l’environnement, et donc pour la survie de l’humain à long terme).

Bref, on vit dans un monde fini. Rien n’est extensible. Faire de la décroissance, de l’écologie, sans promouvoir une politique démographique « décroissante » (limitation des naissances par ex..), ce n’est que repousser le problème.

et des terres très fertiles

mouai… c’est vite dit. Faut voir aussi les milliers de tonnes de produits chimiques qu’on balance pour atteindre cette « fertilité ». Et puis même si elles sont naturellement bien fertiles, pour combien de temps encore ? Les changements climatiques sont là (que ça viennent de nous ou de l’évolution « naturelle » de la planète), et rien ne nous dit que dans 150 ans, la france ne ressemblera pas à un pays nordique sous la neige en plein hiver ou au sahara en plein été.

Laurentj ajouté le août 21 09 à 13:08

La France produit environ 90 000 000 tonnes de céréales par an. Un français moyen consommait environ 250 kg de céréales par an en 1999.

L’insee prévoit une population de 75 millions de personnes en 2050 sur le territoire Français.

Si mes calculs sont bons, la France peut nourrir plus de 360 000 000 de personnes par an (en céréales), soit presque 5 fois la population prévue.

La France pourra exporter mais ne nourrira pas la planète entière, c’est un certitude. Elle pourra en revanche subvenir aux besoins de ses enfants ; même les troisièmes.

En ce qui concerne la qualité des sols, je suis entièrement d’accord, les sols doivent être préservés. Les pesticides sont une véritable pollution.

bertrand keller ajouté le août 21 09 à 14:39

>Si mes calculs sont bons, la France peut nourrir plus de 360 000 000 de personnes par an (en céréales), soit presque 5 fois la population prévue.

Est-ce que ton calcul prévoit la diminution des terres agricoles, dues à l’augmentation de la population ? (expansion des villes, expansions des routes/autoroutes, pollution plus importante qui rend impropre certaine terres etc). Est ce qu’il prevoit la diminution des ressources en eau (puisque plus de monde), eau qui va donc peut être manquer pour ces mêmes terres agricoles ?

Sachant qu’en plus un être humain ne se nourrit pas que de céréales, mais aussi de légumes, fruits, et de viande, viande issue d’animaux qui consomment (surtout les bovins) bien plus de céréales qu’un humain, donc nécessite aussi de garder une grande part de la production céréalière.

Pour ce point toutefois, on pourrait imaginer une diminution de la consommation de boeuf et cie, mais quand même… J’ai un doute sur ce chiffre de 360 millions. (mais je ne suis pas du tout calé en statistiques, donc je veux bien te croire aussi).

Laurentj ajouté le août 21 09 à 17:58

@ eloise
anémique veux dire a priori manque de fer hors le persil, les lentilles et legumes secs les algues sont très riches en fer , donc oui tu peux te passer de viande. Voir les végétariens comme les hindous par exemple.

@ bertrandkeller
l’économie numérique est l’économie qui consomme le plus en énergie fossile et en matière première: chgt de matériel sur obsolescence programmée, serveurs pour faire tourner les applications, métaux lourds et/ou rares pour la production de matériel, énergie fossile pour le transport de chine ou d’ailleurs, consommation de papier augmentée depuis l’arrivée du « zéro papier »..
donc non le numérique n’est pas la solution, bien bien bien loin de là.
Quant à la production de céréales, tirer une courbe tendancielle à partir d’aujourd’hui est une connerie monumentale mais pratiquée couramment, exemple si je prends ta courbe de poids taille à 6 mois et que je la prolonge tu va peser 10 tonnes à 40 ans et mesurer 50 mètres…
Bizarre ça colle pas à la réalité.Il existe et va exister une bonne centaine de facteurs limitant qui vont apparaitre (désertification, cout de l’énergie etc.)

Gilgam ajouté le août 28 09 à 20:10

Bonjour,

Sur http://www.greenit.fr nous n’arrêtons pas de répéter en boucle qu’en informatique, le geste « éco » le plus efficace est de prolonger la durée de vie du matériel. Ce qui passe par :
– prolonger la durée d’utilisation du matériel,
– acheter du matériel d’occasion reconditionné,
– utiliser l’effet de levier positif des TIC en matière d’environnement (exemple concret : éviter un A/R Grenoble-Paris pour une interview en utilisant Skype).

Malheureusement, ces gestes efficaces et économiques se heurtent à :
– l’ignorance de la plupart des consommateurs sur les sujets environnementaux (la majorité des français pensent que les économies d’électricité participent à l’effort contre le réchauffement climatique. Or, 95% de l’électricité française est produite à partir du nucléaire et de l’hydraulique qui émettent peu de CO2),
– la difficulté de changer ses habitudes consuméristes : un geek aime la nouveauté et la techno…

Fred Bordage ajouté le sept 19 09 à 11:31

Un geek ne veut pas dire forcément fan de technologies.

La culture geek est plus vaste que ça, elle recouvre aussi les livres, les séries, les jeux de rôles, l’imaginaire… etc.

Il y a plusieurs facettes de cette culture geek, que je vais simplifier à trois aspects :

– Le côté simplement consumériste, tel que vous le dénoncez. C’est le côté le plus morbide, et celui que les médias essaient de valoriser.

– La culture geek « au sens noble », celle qui s’exprime à travers le net, les séries, les films, les livres, bref, la culture au sens large, avec des codes et des références communes.

Je vais m’arrêter à ces deux aspects pour déjà dire que même en considérant l’informatique et Internet, il y a matière à rendre ça écologique :

Internet et son réseau pourrait se transformer en chauffage pour rentabiliser l’énergie engagé.
L’informatique dans son ensemble devrait être rassemblé sur une plateforme non portable, un « superordi » durable, modulable et aux fonctions étendues remplaçant consoles, télé, et tous les gadgets inutiles. Cela ne ferait qu’UNE seule construction informatique, cela diminuerait énormément le poids écologique de l’informatique.
Induire plus de possibilités de réparation et bien sûr, un recyclage plus poussés des composants, tout en augmentant la durée de vie au maximum, en interdisant l’obsolescence programmée.
Éliminer les gadgets.
Produire des composants genre souris, claviers beaucoup plus solides, et surtout réparables.

Mais ça, je crois que même les décroissants en sont conscients, la dernière possession « consumériste » qu’un décroissant « total » ( celui qui se retire complètement du système consumériste ) possède est généralement un ordi et un accès au net.

Car l’ordinateur ( et Internet ) sont de réels progrès, contrairement aux gadgets, essentiellement portables, comme les consoles, ou les smartphones.
Et l’esprit écologiste, à mon sens, c’est avant tout à distinguer ce qui relève du progrès, et ce qui relève de la croissance consumériste.

Enfin, troisième aspect de la culture geek, je pense qu’elle porte en elle les germes profonds de la philosophie décroissante, via le monde open-source, la libre création, le piratage, les logiciels libres, les jeux indépendants …etc. le GRATUIT.

D’ailleurs, ce dont a besoin quelqu’un qui s’y connait réellement en informatique, c’est un ordi, pas autre chose, car les smartphones et autres plateformes faussement qualifiées de geek cloisonnent et ferment les possibilités de ce domaine.

Internet est aussi un accès inestimable à tout un tas de connaissances permettant de réparer, de faire soi même, écologiquement au lieu de consommer.

Concilier culture geek et écologie, c’est avant tout se concentrer sur le fond au lieu de la forme.

( Je réponds essentiellement sur le titre, et à travers mon prisme « décroissant », car l’article porte plus sur le Malthusianisme que sur la relation Geek – écolo )

Lou ajouté le oct 31 11 à 12:04

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