Dipnote, le département d’Etat américain a un blog

Je suis engagé dans une guerre. A mon tour, je me bas contre les responsables de projets web, ceux à qui on confie la vérification de la bonne marche de la production et qui, pourtant, n'ont aucune compétence technique concernant les technologies de l'internet.

Dans un article de Rue89, daté du 30 mars 2007, Augustin Scalbert expliquait la stratégie du département d'état américain pour lutter contre la désinformation. Dans ce cas précis, des employés de cette institution sont sensés intervenir sur les blogs et forums (...) en langue arabe. Karen Hughes y annonce qu'"il y a une explosion de l'information, et nous nous battons pour gagner de l'attention et de la crédibilité dans ce contexte".

Dans le sens de cette démarche, ce même département d'état mettait en ligne son blog le 26 septembre 2007 (sans favicon), Dipnote. Sean McCormack, le responsable éditorial, nous promettait l'utilisation de la franchise et d'un langage simple ; une façon de casser avec le jargon habituel et d'être plus proche des citoyens.

Si l'état américain, dans son "War on Terror", se livre effectivement à une guerre de l'information, pourquoi se dote-t-il d'armes aussi rudimentaires ? Comment peut-il prétendre s'orienter sur l'"accessibilité" de ses contenus en réalisant un site en table, comportant nombre de styles en ligne et de balises non fermées, et en rédigeant ses articles sans respecter les règles de l'écriture web ? Sans pousser plus loin l'analyse, il est légitime de se poser la question sur les possibilités de cette équipe à atteindre les objectifs fixés par sa hiérarchie.

Vous comprendrez que pour moi, le constat est flagrant, nous sommes confrontés à une belle bande d'incompétents à qui on a donné des responsabilités qu'ils ne savent pas gérer, des chefs de projets quoi. Des diplomés d'écoles de commerce qui promettent monts et merveilles au mandataire du projet et à qui ils livrent une grosse bouse qui ne sera validée que parce que ce même mandataire est incapable de considérer la qualité propre d'un site.

De façon plus réaliste, quand les problématiques liées au document numérique peinent à se diffuser au sein des entreprises du secteur, on se doute qu'il est encore plus difficile de les diffuser dans les grandes institutions. Pourtant, d'un avis personnel, c'est justement celles-ci qui devraient être les précuseurs dans ce domaine pour favoriser la progression et l'assimilation des pratiques de lecture sur le web de ses administrés.