Magnifique soirée pour certains, nuit historique pour d'autres... réveillez vous !

Profitons de ce soit disant jour historique pour rappeler que le nouveau prochain président américain ne mènera pas forcément une politique étrangère très différente de ses prédécesseurs.

Dans un discours remarquable sur la politique nucléaire prononcé le 28 octobre devant le Carnegie Endowment for International Peace (CEIP), le secrétaire d’Etat à la Défense, Robert Gates, a dressé un sombre tableau de la situation internationale et a argumenté en faveur d’une extension de la doctrine de la guerre préventive formulée par l’administration Bush à l’utilisation de frappes nucléaires.

On dit un peu partout que, dans l’éventualité d’une victoire du démocrate Barack Obama à l’élection présidentielle, celui-ci garderait Gates comme ministre de la Défense. Le discours prononcé par Gates dans ces derniers jours de la présidence Bush a ainsi le caractère d’une déclaration politique de la part de la prochaine administration.

Lire Le secrétaire américain à la Défense étend la doctrine de la guerre préventive et y inclut l’usage de la bombe atomique.

Il n'est pas évident que ce grand espoir de retour à la diplomatie dans les relations internationales (pour dominer le monde rappelons-le), ait beaucoup de résultats.

En somme, Barack Obama promet de maintenir les "intérêts nationaux" du projet impérial des États-Unis. Sa promesse d’un retour à la politique de l’ère Clinton sans réel changement dans le statu quo au Moyen Orient ; son évocation d’une diplomatie toujours renforcée par la menace de la force militaire "non strictement défensive" et de l’interventionnisme unilatéral ; son appel aux "changements de régimes" et à la contre-révolution en Amérique latine ; rien de tout cela n’est de bon augure, en particulier pour tous ceux qui restent toujours sur leur faim et attendent quelque chose de plus consistant que la promesse rhétorique du "changement".

Lire Obama et l’empire.

Obama n’a rien dit sur l’expansion incessante des colonies israéliennes sur les territoires occupés. Il n’a pas suivi le chemin courageux de l’ancien président Jimmy Carter ni rencontré les représentants démocratiquement élus du Hamas, bien qu’Israël ait négocié un cessez-le-feu avec eux. Que de telles mesures soient inconcevables montre à quel point est déformé le débat sur la Palestine aux Etats-Unis.

Lire Ce qu’a raté Obama au Moyen-Orient.

Obama a engagé de bons Story Teller, Obama est élu ; soyons plein d'espoir et souhaitons, souhaitons vivement que cette histoire change de conteur.