Bernard Stiegler aux Entretiens du Nouveau Monde industriel
Hubert Guillaud a rédigé un retour sur ces rencontres afin de nous faire entrevoir le type de questionnements que pouvaient
avoir les personnes présentes.
Pourquoi si peu d’objets électroniques comptent-ils dans nos vies, tant et si bien qu’on en change souvent, sans états
d’âme ? N’incarnent-ils pas pourtant l’objet désirable de nos sociétés modernes ? Les objets électroniques ont une carapace
qui n’a pas beaucoup d’intérêt : leur coeur est ailleurs. Il est dans les nuages - ou en passe de le devenir, annonce-t-il
en évoquant le Cloud Computing. Car ce qui compte ce ne sont pas les objets, mais les données auxquelles ils permettent
d’accéder. “Il y a des milliers d’interfaces différentes adaptées à des objets différents pour une seule machine”, explique
encore le chercheur. “L’internet des objets procède d’un mythe où nos objets vont communiquer entre eux : mais en fait,
nous n’accédons qu’à une seule machine, qu’à plusieurs services, via diverses interfaces.”