Selon Thierry Crouzet, Rue89 développera des extensions pour Drupal

Le débat sur le financement de la presse vient de déteindre sur le domaine des systèmes de gestion de contenu (CMS). Je ne pouvais manquer de relayer cette information et surtout d'apporter quelques commentaires de ma part.

Sur le site novövision, édité par narvic, un article (Comment les pros de l’info tentent un hold up sur l’internet) recense quelques interventions à propos du choix du gouvernement de subventionner la presse en ligne : La presse en ligne de crédit. on trouve ce genre de commentaires :

Cette manne publique est en effet placée sous conditions. Et ces conditions (il faut aller y voir dans le détail) consistent bel et bien pour la presse en ligne pure players à rentrer dans le rang du bon vieux journalisme « à l’ancienne ». Ça conduit bien à renier, le mot n’est pas trop fort selon moi, ce qui faisait l’originalité de ces expérimentations d’information en ligne, ce brouillage des frontières traditionnelles du métier de journaliste, cette hybridation entre amateurs et professionnels si caractéristique du net. C’est la restauration pure et simple d’un Mur de Berlin de l’information sur internet, la bunkérisation du journalisme professionnel. C’est, à mes yeux, une trahison pour un plat de lentilles.

Certains internautes ne sont pas tendres avec le choix du gouvernement, financer les sites de presse en ligne, c'est un peu comme les acheter. Thierry Crouzet ne manque pas de préciser très clairement que rien ne différencie le bloggueur lamda, d'un « journaliste professionnel ».

Pourquoi je ne reçois rien moi ? Pourquoi nous autres blogueurs qui écrivons presque tous les jours et donc participons bien à la presse en ligne ne recevons-nous rien ?

D'ailleurs, dans une émission du site @rrêt sur image, Thierry Crouzet n'a pas manqué de signifier à Daniel Schneidermann qui ne qu’il ne comprenait rien à Internet : Entre journalistes et blogueurs, la ligne j@une des subventions.

Dans un récent billet (Scoop : Rue89 soutiendra l’OpenSource) Thierry a jugé bon de s'expliquer sur son intervention à la suite de commentaires de lecteurs d'@rrêt sur image.

Du point de vue des CMS, Rue89, Mediapart et Slate sont tous les trois propulsés par le CMS Drupal. Thierry indique que :

Haski a demandé la subvention pour pouvoir ajouter des modules à Drupal afin de rendre son site plus performant. Il me paraît alors naturel que ces développements soient reversés à la communauté Drupal, que nous puissions tous les utiliser dans nos blogs.

Haski en a convenu. Ainsi les subventions gouvernementales finiraient par bénéficier à tout l’écosystème Internet. Elles ne seraient plus ségrégationnistes. Indirectement le gouvernement aiderait ainsi à construire de nouvelles autoroutes.

Donc si une entreprise developpe des extensions pour Drupal (uniquement), elle va évidemment faire profiter à l'ensemble de l’écosystème Internet ? Que Drupal participe au succès de ces trois sites, c'est une réalité, que Drupal propose un fonctionnement adapté aux sites d'actualités, c'est vrai aussi ; mais je vois pas en quoi des extensions Drupal vont profiter à l'écosystème Internet sachant que Drupal est un CMS parmi d'autres.

Subventionner la presse en ligne ne peut pas être considéré comme une mauvaise chose. On ne peut pas préjuger de l'indépendance des journaux concernés, ni refuser des fonds qui financeront le développement de projets open source (enfin, seul Rue89 pourrait jouer le jeu).

Cependant, dans la manière de faire et par rapport au numérique, il aurait été préférable de concervoir un mode de financement différent que pour les journaux imprimés. Si l'objectif avait été de financer les autoroutes de l'informations afin qu'elles bénéficient à l'ensemble des acteurs du web, dont les journaux en ligne, l'état aurait mieux fait de passer par le secrétariat d’État à l’Économie Numérique.

Tandis que les USA et l’Angleterre se disputent la pole position de l’eDemocratie avec la recherche d'une killer app pour la mise à disposition d’une énorme quantité de données gouvernementales (exemple data.gov) ; la France donne 20 millions à la presse en ligne pour 2009 avec l'espoir que certains reverseront certains développements.

A l'heure où on parle de la suppression du poste (qui ne sert à rien) de nkm : Gouvernement: le poste de Nathalie Kosciusko-Morizet supprimé lors d'un prochain remaniement? et de la création d'un ministère de la communication numérique (ou dans le genre) ; me vient à l'esprit l'image d'un prochain Trafalgar sur les océans du web.