Si une agence web était une pharmacie

Le travail de gestion d'équipes demande beaucoup de temps mais réserve parfois ses réflexions passionnantes. L'amélioration de la qualité demande de pouvoir agir sur le mal le plus encombrant ; un mal pouvant toucher divers organes vitaux du corps.

A propos de la réalisation des projet web, je me suis permis de me lancer dans une analogie avec le domaine médical comme celui de la pharmacie.

Les postes :
Les intégrateurs/développeurs seraient les pharmaciens.
Les chefs de projets seraient des auxiliaires médicaux.

La logique de la fabrique :
Les tâches seraient des boîtes de médicaments.
On aurait une demande en amont formulée par l'auxiliaire médical.
L'auxiliaire serait chargé de la logistique des médicaments.

La procédure classique d'une agence :
Un client est malade (un bug).
L'auxiliaire prend connaissance du mal du patient et informe le pharmacien.
Le pharmacien gère la demande de fabrication du médicament : durée et type de médicament.
Un médicament est produit pour guérir un mal déterminée.
Puis livré au malade.

Le rôle des intégrateurs :
Un pharmacien en chef est chargé de suivre la production de médicament, mais pas seulement. Il doit aussi,

  1. gérer l'approvisionnement en matières premières, pour fabriquer ses médicaments.
  2. gérer l'entretien du matériel et l'achat de matériel plus performant.

Il doit donc s'occuper d'une chaine de production, un stock de produits (entrant et sortant) et les faire évoluer constamment.
Il devra donc s'équiper en prévision des nouvelles demandes, anticiper les stocks, mais aussi former ses partenaires aux nouvelles machines.

La gestion de la pharmagency :
Si une agence web était une pharmacie.
L'auxiliaire de santé ferait une demande de la part d'un patient mais pas seulement.
Il réaliserait le diagnostic médical alors qu'il n'est pas médecin.
Il serait en charge de la posologie, alors qu'il n'est pas pharmacien.
Il suivrait la fabrication, alors qu'il n'est pas laborantin.

L'histoire d'un bug :
Un patient souffre énormément, l'auxiliaire doit agir.
Il court à la pharmacie pour demander un médicament en urgence.
Le pharmacien essaye de comprendre la demande, mais à partir d'une explication partielle : pas d'antécédents du patient, information sur le mode de vie...
Le pharmacien est expérimenté, il se doute du type de problème et, dans sa grande bonté, aide volontairement l'auxiliaire.
Sauf que pendant la fabrication, l'auxiliaire va directement dans le laboratoire pour vérifier le processus de réalisation.
Avec son expérience, il a un peu compris comment marchait chacun des appareils et considère que son aide peut être utile lors de la fabrication.
Pour aller plus vite, il prend des décisions sur la fabrication (en précisant que le patient sait ce qu'il lui faut), l'usage d'une machine ou d'une autre, etc...
Il veut ce qu'il y a de mieux pour son patient qui souffre.

Les conséquences :
Entre deux médicaments possibles (solutions pour corriger un bug), l'auxiliaire, qui n'est pas pharmacien, s'est trompé, le médicament livré a de forts effets secondaires.
Son patient souffre toujours, alors il revient en suivant le même schéma, en se trompant encore dans la posologie.
Son retour imprévu trouble le planning de livraison de médicaments pour les autres auxiliaires.
Le patient tellement malade souffre désormais de plusieurs maux à cause des médicaments donnés par l'auxiliaire.
Ses maux deviennent plutôt graves, il est nécessaire de concevoir des médicaments très lourds en mobilisant plusieurs laborantins.
Il arrive même qu'il faille commander une nouvelle machine en urgence et se former très rapidement sur celle-ci.

Résultat :
Le patient est toujours malade et ne guérit jamais.
L'auxiliaire a beaucoup de travail (il fait beaucoup d'heures sup), il commence à penser que c'est ainsi.
Le patient est mécontent, il souffre constamment.
Le pharmacien commence à penser qu'il est plus un tueur qu'un guérisseur.

Le patron de la pharmacie aimerait comprendre :
Les maux toujours différents des patients font que la taille du dépôt doit évoluer, la formation se fait au fil de l'eau, les boîtes de médicaments sont mal remplies...
Car tout est urgent et différent.
Cette urgence empêche de pouvoir vérifier les informations de l'auxiliaire de santé, informations que seul l'auxiliaire connaît et qu'il ne donne qu'en cours de fabrication.
Le temps perdu prend sur : la formation du labo, les innovations, l'amélioration de la fiabilité des machines, la fabrication de (gros) médicaments génériques pour des traitements programmés...

J'espère que cette petite histoire vous aura plu. Qu'elle vous fera sourire.
Je voulais mettre en valeur, les notions :

  • d'ordonnance :: document de conception
  • de protocole :: stories en mode agile
  • d'état de santé :: tests utilisateurs