Mon paris Web 2012

Une fois n'est pas coutume, octobre 2012, je me suis rendu pour la Xème fois dans les amphithéâtres de Paris Web. Telle le phœnix, périodiquement, sans savoir si cela vient de la programmation, des orateurs ou de l'actualité, elle renait un peu de ses cendres pour donner encore des raisons d'y croire.

Le repère des Good Boys

Contrairement, à l'Open World Forum ou à Le Web, Paris Web n'est pas un repère de décideurs venant faire manger leur tambouille numérique en faisant miroiter un futur trop beau, trop fort.

Paris Web réunit chaque année les acteurs du terrain, ceux qui au quotidien doivent faire les compromis techniques et humains pour réussir un projet. Naturellement, sur le terrain, c'est le compromis, le dialogue, l'investissement sur le long terme qui paie. C'est pour cela qu'on rencontre des amis qui vous veulent du bien.

La programmation

C'est peut-être dû à mon changement d'activité, mais j'ai trouvé la programmation très équilibrée cette année. Après avoir souvent reproché des conférences trop techniques ne faisant que résumer assez moyennement ma veille de l'année, j'ai trouvé des approches très pertinentes.

En tant que bon élève, je me suis orienté vers tout ce qui avait attrait à la thématique de l'année : "la fin d'un monde". De manière plus ou moins pertinente, différents orateurs sont venus présenter leur réflexion.

Raconter des histoires, provoquer des sensations, être éco-responsable, libérer le management de la qualité... devenir concepteur de la vie en disant fuck you à son client autant de conférences bisounours pour un monde meilleur qui vont dans le bons sens.

Mon ressenti

Paris Web est le rendez-vous immanquable de l'année pour les personnes qui bossent sur le Front. Elle réussit l'amalgame entre la conférence industrielle et la rencontre entre connaissances proches ; elle provoque son lot de satisfactions et de frustrations d'avoir manqué une conférence ou de n'avoir pas eu le temps de parler plus longtemps avec telle ou telle personne.

Bien entendu, il faut s'y faire, Paris Web ne sera jamais ce qu'elle ne pourra jamais être. J'ai beaucoup apprécié les "informelles", mais lancer un bon sujet en 20 minutes, c'est un peu court. Je ne vois pas comment mêler le rythme industriel d'un conférence parisienne et le besoin d'évasion qui agite un certain public.

Un Paris Web OFF, comme pour les grands festivals de théâtre, pourquoi pas ; des amphis avec des grands poufs et des serveuses brésiliennes consultants des SmartPhone propulsés par BootToGeecko, pourquoi pas ; des salles avec des imprimantes 3D pour promouvoir les travail en équipe, pourquoi pas ; mais il faut d'autres événements, d'autres types de rencontres... ailleurs.

Libérer les esprits

Paris Web a lancé la machine, mais ne peut pas constituer le rendez-vous centralisateur de toutes les attentes, à l'image de SudWeb, il faut lancer d'autres initiatives.

Si on respecte notre analyse du nouveau monde qui vient ; il faut admettre que la forme du travail va changer. Le numérique et ses nouvelles formes d'écritures obligent à une autre manière de voir l'éducation et la transmission du savoir.

Personnellement, je discute, j'engage et je m'engage. En tant que vétéran, j'ai changé mon engagement et l'organisation de mon temps. Je divague sur un événement complétement original au milieu d'une forêt avec un cuistot 3 étoiles et un atelier de menuiserie.

A plus court terme, je pense à un sujet de conférence qui ferait le parallèle entre les développeurs et les moines bénédictins ; comment ceux-ci ont aménagé le territoire européen au 12ème siècle et comment les développeurs peuvent à leur tour le faire 10 siècles plus tard.

Il y a des énergies et des esprits à libérer. Merci Paris Web.