Le piège des CMS - l'édition facile

Le CMS quand c'est apparu c'était génial. On pouvait réaliser des sites sans avoir a tout refaire soit même, sans coder même. En poussant un peu la chose on pouvait même livrer la machine à l'utilisateur le plus bas niveau. Oui mais voilà, l'utilisateur bas niveau, il utilise Word et l'utilisateur bas niveau, il ne peut pas adopter trop d'interfaces.

Le CMS, votre voiture pour moins 9990 €

Avec le CMS qui tue, on peut tout développer, tout configurer. Tu veux une page qui liste tes produit, pas de problème ; tu veux une page avec un billet de blog personnalisé, c'est possible ; tu veux synchro avec un LDAP avec la gestion token inclue, Hassan Cehef, c'est possible.

Moi j'aimais bien les CMS, je passais du temps à tout configurer : les menus, les arborescence, les variables, les plugins, les langues… Tout je vous dis, je passais des nuits à trouver le tricks de config pour que mon utilisateur final, il puisse avoir une voiture de compétition avec siège baquet et tout le toutim.

Sauf que voilà, pour la très grande majorité des sites, si je vais les revoir aujourd'hui, soit ils n'ont pas bougés, soit les modifications ont été réalisées par une tierce personne (un dev). En gros, il y eu l'édition majoritaire de billets ou actualités. En fait à bien y réfléchir, ce qu'il voulait l'utilisateur c'était une page et un éditeur de texte riche (RTE) à l'intérieur.

L'éditeur de texte riche, ou le CMS dans le CMS

Vous avez déjà configuré un éditeur de texte riche ? Si vous ne l'avez jamais fait, ça peut prendre des heures. Alors on autorise les images ou pas les images ? On limite les niveaux de titre ? On reformate le texte à l'intérieur ?… et le site doit être compatible mobile ?…euh.

En gros, l'éditeur de texte riche est tellement compliqué, que l'utilisateur final est forcément un incapable, un gros nul ; tellement nul qu'il vaut mieux tout lui interdire pour ne pas qu'il casse le site.

L'éditeur de texte riche, au final c'est comme le CMS. Il est sensé faciliter l'édition de contenu mais au final, il la complique plus qu'autre chose.

Pour surtout ne pas vouloir brusquer l'utilisateur, lui montrer que l'édition web c'est aussi simple que l'édition sous Word ; alors on lui flanque un système qui est quasiment comme Word, mais bridé. On sent la cohérence de la chaîne éditoriale.

Préférer la simplicité à la facilité

Vous le savez, sans maîtrise, la puissance n'est rien. Comme le dit Jean-Baptiste Dusseaut à propos des Frameworks : "pour savoir aller vite, il faut savoir aller lentement".

Voir vers 12mn

Ce qui veut dire, que effectivement filer un RTE à un client ça le rassure, c'est ce qui demande ; mais quand on y réfléchit, c'est surtout une manière de dire : "chacun sa merde" (on peut dire ou pas dire ça à un client ?). S'il y a des problèmes à l'affichage, c'est que le client est nul après tout. Ça nous rassure aussi en quelques sorte, d'avoir sous le coude un : "ouais bah quand t'arrêteras les copier/coller depuis Word, tu pourras avoir un avis sur la qualité du code que je rends, OK ?"

Conclusion

Il n'y a pas de mal en informatique, il n'y a que des mauvais, c'est bien connu. Cependant à l'aune du XXIème siècle, il est temps de se demander si pour éditer une simple page ; ne sommes nous pas aller un peu trop loin dans la mise en place de "systèmes" ?

Les CMS étaient la promesse d'une plateforme pour la vie, un investissement pérenne pour votre stratégie "didgitaule" sur 20 ans. Résultat, 2 ans après, un turnover de malade, un CMS à migrer et des contenus à jeter. Mais pourquoi ne pas avoir investit dans la formation ? La conception ?

Pourquoi vouloir mettre en place des interfaces compliquées, qui demandent du temps de configuration ; alors qu'il ne s'agit que d'éditer un peu de texte et quelques champs ?

CMS ou pas, il serait intéressant de se pencher sur les interfaces d'édition de contenu afin qu'elles soient vraiment adaptés au utilisateurs.