La question du succès des “Design Systems fédérés” (En anglais : “federated model”) pose-t-elle celle du Vibe Coding ? Voyons ce que dit Shaun Bent à propos de son expérience sur les Design Systems fédérés : Why Federated Design Systems Keep Failing
Échec du modèle fédéré
Un modèle fédéré : c’est une approche décentralisée dans laquelle plusieurs systèmes autonomes collaborent sans nécessiter une centralisation complète des données. Chaque système conserve le contrôle de ses propres données tout en participant à un réseau plus large et unifié.
Dans son article Shaun explique que, pour les “Design Systems”, le principe de systèmes fédérés se concrétise à partir du moment où : il n’y a pas de centralisation des décisions, chacun peut ajouter ses composants au modèle général.
Shaun explique qu’il a vu personnellement ce système échouer par 2 fois. Pourquoi ?
Dans un modèle fédéré, la responsabilité est confiée à « n’importe qui », ce qui devient rapidement « personne du tout ». Les organisations qui adoptent des modèles fédérés ont tendance à sous-estimer la valeur des praticiens expérimentés (experts).
Un besoin d’experts ?
Attendez, attendez ! On répète ? On sous estime : la valeur des experts dans le domaine ?
On sous estime l’expertise de certaines personnes expérimentées, on sous estime la nécessité de centraliser certaines parties des décisions ? Ça vous fait pas penser à un rôle dans une discipline sacrément connexe ? Une discipline comme l’Accessibilité Numérique ?
**Du type : ** Référent accessibilité numérique ?
Ce qui donnerait en résumé : sans une forme de centralisation (dans une équipe de pilotage de la conception) des notions d’architecture (d’interfaces graphiques) basée sur du code de qualité ne sont pas possible.
Quelles conséquences ?
Au niveau technique
Les conséquence techniques seraient pour Shaun : “Une réutilisation moyenne des composants de 1,2 fois par composant, contre 200 fois pour les composants issus du système de conception centralisé. En l’espace de 12 mois, environ 1 000 nouveaux composants ont été créés par les équipes décentralisées”.
Imaginez donc les conséquences en terme d’audit et de remédiation (correction des erreurs d’accessibilité), ne pas s’étonner si l’accessibilité numérique c’est trop cher.
Au niveau organisationnel
Pour l’organisation, c’est exactement ce que je vis : “Lorsque l’objectif d’atteindre un certain niveau de qualité échoue, l’organisation se sépare l’équipe centralisatrice pour adopter une approche entièrement fédérée”.
On vire les experts alors qu’on reconnaît tout leur mérite. Pourquoi ? Parce que l’intérêt du travail de l’équipe centralisée n’est pas du tout perçu à sa juste mesure, les experts n’ont pas eu le soutien nécessaire de la part de la direction, les choses allant plus personne ne fait confiance au système centralisé car les experts étant en sous effectif, les objectifs ne sont jamais été atteints.
Allez, mais vis ma vie ! On se sépare des personnes compétentes parce qu’on ne sait pas consacrer les moyens pour la qualité logicielle.
Et le Vibe Coding ?
Je ne sais pas si vous partagez mon point de vue, mais le Vibe Coding en pratique, c’est quand même des codeurs ou équipes de codeurs qui délèguent la gestion de leur application à un algorithme. Donc c’est le principe même d’un système fédéré : chacun fait ce qu’il veut.
On pourrait en théorie avec un modèle aux petits oignons, allez demander aux IA d’utiliser/construire un Design System centralisé ; mais soyons honnête, on arrive pas gérer cela sans IA, y a toutes les chances que le Vibe Coding soutienne un choix organisationnel vers un système fédéré.
Note : on lit sur le réseaux qu’avec le Vibe Coding, il ne servirait plus vraiment à rien de savoir coder (des lignes), le métier devient celui d’orchestrateur. Les organismes se sépareraient de leurs salariés pour ne faire appel qu’à des freelances en Vide Coding
Cela voudrait dire probablement dire aucun experts, pas d’accessibilité et une qualité générale du code réduite dans la plupart des cas.
Pour la qualité soit au rendez-vous, il faudrait au préalable une équipe accessibilité (qualité) du tonnerre dans l’organisme avec un schéma pluriannuel exemplaire. Qui puisse passer à un niveau de contrôle encore supérieur où les référents sont des orchestrateurs d’orchestrateurs (?)
À retenir
Discuter de la qualités de code service numérique par service numérique (je lance ma petite appli perso) n’a rien à voir avec discuter de la qualité des services numériques à l’échelle d’un organisme.
Tous les cas de figures sont envisageables, cependant l’expérience montre que le système fédéré va vers un niveau qualitatif moindre donc forcément une non conformité aux lois sur l’accessibilité numérique (Sécurité et Numérique Responsable).
par exemple, voilà ce que dit Shaun en terme d’organisation adéquat pour garantir la qualité :
- Des cadres de gouvernance clairs
- Une forte culture de collaboration interdisciplinaire, sans cloisonnement.
- Un investissement dans des outils de recherche appropriés permettant aux équipes de trouver et de réutiliser ce qui existe déjà.
- Des processus qui empêchent la fragmentation.
- Des structures de responsabilité pour les normes de qualité.
- Une gestion de programme dédiée pour assurer la coordination entre les équipes.
Exactement ce qui figure dans un schéma pluriannuel d’accessibilité numérique de qualité et qui met plusieurs années à être mis en place.
Les technologies changent mais les organisations doivent s’adapter à celles-ci. Plus la technologie est complexe plus les exigences en terme de suivi qualité le sont aussi.
