Accessibilité numérique et Design émotionnel

Accessibilité numérique et Design émotionnel

Petit tour sur les articles The next revolution in design: Emotional accessibility de Ben Wintner et Designing For Stress And Emergency de Vitaly Friedman, on va parler émotions.

Les situations de handicap

Les situations de handicap c’est large et varié. Moi même j’essaye de comprendre comment les aborder. On ne peut pas forcément dire que s’être mal levé un matin soit une situation de handicap ; mais on peut dire que suite à un mauvais réveil, si on doit gérer des opérations sensibles impliquant la vie de personnes, et cette situation peut amener à augmenter les mauvaises manipulations dans une interface ; alors on est en situation de handicap.

La définition n’est pas forcément très pertinente, mais c’est pour faire comprendre que l’accessibilité numérique ou plus précisément le Design Inclusif ce n’est pas juste vérifier des contrastes de couleur et des tailles de polices. Techniquement, je fais référence à des tests automatisés qui vont vérifier, autant qu’elles peuvent (c’est-à-dire mal), si des critères techniques sont vérifiés ou non.

Non, Non, Non, le Design Inclusif c’est prendre aussi les conditions dans lesquelles sont les personnes quand elles naviguent sur une interface. Wouah, qu’est-ce que c’est et comment on fait ça ?

Les conditions particulières

Aucun design n’existe isolément. En tant que designers, nous imaginons souvent des situations spécifiques dans lesquelles les gens utiliseront notre produit. Cela peut être assez courant, mais il existe également d’autres situations urgentes, frustrantes et stressantes. Et ce sont celles-là que nous prenons rarement en compte.
Vitaly Friedman

Prendre en compte toutes les situations de handicap, c’est long et compliqué, il faut en rencontrer des personnes. Il faut en recueillir des cas d’usage. Mais on peut par exemple simuler des conditions précises et particulière. Vitaly Friedman nous parle dans son article de situations d’urgence et de stress.

Stress, on peut imaginer plein de choses : un étudiant durant un examen en ligne, un titulaire du RSA qui doit justifier des activités, un trader qui doit assurer des transactions… Ça ne concerne donc pas une classe sociale en particulier, ni des situations sans importance. Comment les logiciels militaires sont-ils d’ailleurs conçus ? Bonne question.

Je vous laisse lire l’article de Vitaly. On découvre les différents niveaux de stress et disponibilité cognitive qui font que, même sans handicap, chacun peut rencontrer des difficultés sur une interface graphique.

Le Design des émotions

L’humain est un être complexe. On sait qu’en fonction de centaines, voire de milliers de paramètres, une situation peut être ressentie de manière complètement différente par une personne par rapport à une autre.

L’accessibilité était autrefois synonyme de conformité. Une barre d’appui installée, une rampe ajoutée, une police redimensionnée. Mais respecter les normes physiques n’est que la moitié du défi. L’autre moitié, celle qui change véritablement la vie, réside dans la façon dont le design fait se sentir les gens.
Ben Wintner

Ben décrit les limites du Design Universel qui voudrait proposer une interface (bien conçue) puisse répondre aux situations de navigation de tous les utilisateurs. Il pense qu’un design universel fonctionne très bien pour des actions simples, sans potentiel engagement je suppose. Il pense que pour des choses plus sensibles, il faut se poser des questions sur le produits comme : Doit-il rassurer ? Inspirer ? Donner du pouvoir ? Enchanter ?

Humains après tout (?)

On parle parfois du Design comme capacité à créer du beau, mais probablement surtout de l’agréable. Je parle beaucoup de la fatigue causé par le numérique, les interfaces sur lesquelles nous naviguons chaque jour (Et qu’on n’a pas choisi).

Pourquoi, le Design ne serait-il pas créer de l’agréable ?

Accessibilité et IA

Dans la série Accessibilité numérique et Vibe Coding, on peut se poser la question de la capacité des Vibe Codeurs à prendre en compte les situations de stress ou encore l’envie des personnes à naviguer de manière agréable.

L’IA proposera des interfaces agréables au premier regard, avec des animations, des visuels, des couleurs cohérentes… mais en accessibilité, on sait que ce n’est pas ce qui fait que la navigation est fluide.

L’IA a tendance à reproduire un certain type de présentation de l’information, un certain modèle culturel. Ce modèle culturel, c’est un modèle qui aujourd’hui ne reprend pas en compte l’accessibilité, les situations de handicap, les situations de stress, par exemple.

Pourtant le respect des obligations légales sur l’accessibilité numérique devrait faire que les grandes entreprises françaises en soit à ce niveau de conscience. Car, l’accessibilité numérique c’est bien ça : créer de la confiance, rassurer les personnes.