Le Cigref vient de publier un dossier L’approche low-tech au service de la résilience numérique des organisations : stratégies d’adaptation face aux fluctuations.
Le CIGREF, c’est : l‘association des grandes entreprises et administrations publiques françaises, le CIGREF se donne pour mission de développer leur capacité à intégrer et maitriser le numérique.
Pourquoi ce rapport
Les grandes entreprises peuvent s’intéresser à la Low-Tech (numérique) pour une raison très simple : la précarité.
C’est dommage, le mot précarité ne figure pas dans le rapport. Ni pour les personnes, ni pour les organismes, ni pour l’économie. Pourtant, une incertitude de ressources peut concerner autre chose que des personnes. Des grandes entreprises par exemple.
Précarité : état d’instabilité et de vulnérabilité face aux risques (financiers, sociaux, sanitaires, organisationnels), marqué par l’insuffisance ou l’incertitude des ressources et une faible capacité à absorber les chocs — applicable aux personnes (emploi, logement, santé) et aux entreprises (fragilité financière, dépendance, faiblesse d’investissement).
La Low-Tech numérique n’existe pas
On peut appliquer le manifeste Low-Tech au numérique : Utile, Accessible, Durable. Mais le numérique est une technologie High-Tech par définition. Tout est basé sur des périphériques, des infrastructures, des protocoles… très perfectionner.
Réaliser un site sobre et rapide passe par l’utilisation d’infrastructures très optimisées et par l’utilisation des dernières avancées technologiques permettant à des régions sans réseaux (ex. Afrique) de profiter de la connexion.
La Low-tech est considérée aussi comme ça :
- Des technologies douces, utiles et durables qui respectent le vivant
- Des savoirs ancestraux remis au goût du jour
- Une reconnexion au réel, aux gestes concrets, aux savoir-faire
- Des futurs désirables, libérés de l’obsession de la croissance
On peut rendre la réalisation, le maintien et l’édition d’une site web à une personne ou un groupe de personne. Mais on peut difficilement, les rendre autonomes pour le maintien du réseau connecté mondial.
Low-Tech et l’IA
Des personnes militent pour une approche Low-Tech. Toute la Low-Tech repose sur l’autonomie ; une autonomie rendue possible par la réduction de la complexité. On réduit la dépendance à des acteurs ou ressources extérieurs.
Mais, vous n’êtes pas sans savoir que l’IA est en tête de gondole en ce moment. Quand, je parle de Low-Tech, je parle de Sites Statiques, la génération de page HTML légères et simples. Des personnes utilisent des pages statiques pour mettre en lignes des Landing Pages (page d’atterrissage pour du e-commerce). Pour modifier ces pages en HTML, ils utilisent les IA. Apparemment, pas de système d’édition, on demande à l’IA de modifier le code (mise en forme, textes…) directement. C’est propre.
Avec l’IA, vous êtes autonome. Pas de codeurs, pas besoin de comprendre comme mettre en ligne, pas besoin d’avoir des notions de mise en forme, d’accessibilité numérique, de qualité web… C’est Durable, ce sont des pages statiques, c’est simple à modifier par n’importe quelle IA. C’est Utile, si le produit à valoriser à vraiment un intérêt.
Mais… ce n’est pas Low-Tech. L’IA peut être accessible gratuitement, mais elle coûte à son utilisateur et à la société. Elle peut être mise en place facilement, mais pas si facilement que ça pour une personne qui ne connaîtrait pas l’informatique. Ce n’est pas vraiment Accessible
Le paradoxe
Le paradoxe est donc là. En apparence, l’IA est un formidable outil pour rendre plein de personne autonomes. Monter des entreprises à plusieurs millions de dollars en SoloPreneur. Arrêter de dépendre de prestataires pour des actions difficiles, de salariés pour des tâches répétitives.
Seulement, l’IA ne permet pas sous cette forme de réduire ni la dépendance à aux entreprises qui vous fournissent les outils, ni la dépendance à l’IA elle-même à qui vous faites une confiance presque absolue. Plus d’IA, plus rien.
Bien entendu, les 2 ne sont pas incompatibles sur le papier. Mais le défi est grand pour les grands organismes.