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Ce week-end, j’ai validé mon BRM : Brevet Randonneurs Mondiaux. Youpi ! Un parcours de 200km à travers l’Ain et la Saône-et-Loire. Petite satisfaction personnelle et quelques réflexions.

En soit, pas grand chose d’exceptionnel à franchir les 200km à vélo, mais quand même un peu. Un peu, car je m’étais fixé cet objectif voilà 2 ans. Je voulais me fixer un objectif apparemment difficile, mais concrètement atteignable.

Pourquoi faire un BRM ?

Tout simplement, parce que j’aime être sur un vélo. Pédaler c’est facile. Même quand ça grimpe, que les jambes font mal, que tout indique qu’il faudrait s’arrêter… les jambes tournent. Adolescent, je pratiquais le cyclo-tourisme, les BRM étaient une épreuve à tenter en terme de distance.

Ensuite, le BRM n’est pas une épreuve de rapidité. J’ai décidé de me remettre au sport, mais je ne mesure presque rien. Je mesure des points de référence en distance et temps pour me faire une idée de ma forme, mais le temps n’est pas un indicateur. Seul l’état compte, il faut être bien et prendre du plaisir.

Enfin, parfois j’ai l’impression de beaucoup parler, et beaucoup écrire mais de pas donner l’impression de réaliser grand chose. J’ai annoncé à tout le monde que j’avais cet objectif, que c’était pas fou, que je n’aillais pas forcément l’atteindre (que c’était pas grave), mais que c’était dans mes cordes.

Et franchement, tous mes interlocuteurs avaient l’air de trouver ça dur.

Comme ça s’est passé ?

Sans téléphone, à la carte, seul sur mon vélo vintage, je me suis un peu perdu dès le départ. Quelques kilomètres en trop. 120 kilomètres de faux plats avec des petites côtes et une grosse portion de 15 bornes face au grand vent.

12h15 aux 120 kilomètres, je commençais à bien manger sur le vélo pour préparer les 3 cols finaux. Déjà depuis le 100ème kilomètres, j’avais de grosses douleurs aux jambes et un manque de circulation sanguine dans les pieds.

Mais honnêtement, la Bresse, l‘Arbois… que c’est beau. En haut du grand col, ma petite famille m’attendait avec des pancartes (surprise)… j’avais suscité l’adhésion. Avoir le soutien de ses proches, l’admiration de ses enfants est vraiment plus fort que l’épreuve. J’ai fini la dernière partie à belle allure malgré 150 kilomètres et des jambes douloureuses.

Incroyable, je voulais juste finir. J’avais 13h, à 15km/h pour réussir ; j’ai fini en 9h30 à plus de 20km/h de moyenne (avec les pauses). C’est mieux que mes rares sorties de préparation.

En effet, je me suis un peu préparé mais pas comme un fou. Un peu de course à pied, du renforcement musculaire et des réglages vélos.

Qu’est-ce que j’en tire ?

Je voulais prouver que quand j’annonce un objectif, je peux l’atteindre. J’avais décidé que les diplômes et les honneurs ce n’était pas pour moi ; que la réussite ne se mesurait pas aux médailles. Dans cette période de ma vie, j’avais besoin de prouver quelque chose.

En ce moment, il y a des discussions sur la durabilité, la robustesse… depuis que j’essaye de courir un peu, Youtube me propose beaucoup de vidéos : comment perdre du poids (après 40 ans), comment courir plus vite (après 40 ans), comment réussir un cinq kilomètres… vous voyez ?

Il y a des styles de vidéos, et il en existe un type où des coachs en running vont vous expliquer la meilleure méthode pour progresser à partir de papiers scientifiques. C’est hyper intéressant.

Je vous résume (si vous ne pratiquez pas la course à pied). On parle de courir en zone 2 (faible intensité) pour rendre son corps solide (endurant) et de course à haute intensité pour améliorer ses capacités (souffle, force…).

Concrètement, vous ne pouvez pas faire de la haute intensité tout le temps car votre corps trinque (récupération longue). Ni que de la basse intensité, car vous continuerez à courir comme une mule (peu de plaisir). Ce qui marche c’est 80% de basse intensité (c’est plutôt lent) et 20% de haute intensité (l’intensité modérée ne sert à rien).

Quand vous faites de la basse intensité, vous pouvez vous faire doubler par n’importe qui, c’est frustrant. En endurance, j’ai un bon niveau, mais je suis ridicule ; j’ai pas la bonne tenue, le bon vélo, la bon rythme, le bon entraînement… pourtant mes performances sont honorables.

Je me demande si c’est pas pareil dans le travail, je n’ai pas les mêmes pratiques que le peloton, on pense que je ne vais pas y arriver, c’est évident. Mais quand on mesure mes performances, je suis toujours au dessus des autres.

Avec ce 200km, je voulais montrer que j’y arrive.

Fais nous un parallèle avec l’accessibilité, stp !

Un parallèle ? Évidemment.

Et bien, l’accessibilité numérique c’est une longue course d’endurance n’est-ce pas (comme tout ce qui touche à la qualité) ? On a tendance ou vouloir régler le problème à coups de “sprints” à haute intensité ; parfois avec des phases à intensité modérées et quelques visionnage de vidéos en ligne. Tu parles d’une stratégie.

Qu’est-ce qu’on vient de dire ? L’endurance, c’est 20% de haute intensité et 80% de basse intensité.
=> Organisez vous le programme de vos équipes sur le même schéma (comme n’importe qui le ferait pour faire la marathon de Paris) ?

Jamais.

La stratégie d’amélioration de accessibilité numérique ne peut marcher que si on organise des phases à basse et hautes intensités sur ce sujet (en même temps que d’autres).

Les phases à basses intensité étant (peut-être) des tâches quotidiennes de chacun (rédaction, communication, communication…), des discussions régulières sur le handicap, une meilleure connaissance de ses utilisateurs…

Celle à haute intensité, la correction de critères complexes sur les services numériques.

En course à pied, il faut probablement un coach, savoir mesurer sa progression personnelle de manière globale…

En accessibilité numérique aussi. Voilà le secret pour aller vers la conformité.