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Rappel contextuel concernant l’Accessibilité Numérique
Le handicap est un parent pauvre du numérique. Pour faire de la croissance, il faut de la rentabilité, la rentabilité c’est gagner des contrats sur des projets “innovants”. Réussir des projets innovants c’est se placer sur des marchés à fort pottentiel. Et quand on va dans l’innovation, il faut aller vite, c’est la compétition ; la compétition et la recherche de rentabilité ne vont pas avec qualité.
Les chefs de projets qui vont avoir à charge le bon déroulement de ces projets vont balancer des considérations qui seront de l’ordre du respect du cahier des charges, du délais, du bon fonctionnement algorithmique en rapport avec les specs, de la capacité à gérer une équipe de spécialistes confirmés (ou non), à reporter à sa hiérarchie sur le respect du périmètre.
Dans ces éléments, il n’y a pas l’accessibilité. Car entre les problématiques réglementaires de code, la sécurité, la charge, le déploiement… on peut se dire que prendre en compte l’accessibilité peut finalement se faire en fin de projet. Pourquoi ? Parce que l’accessibilité numérique est vu comme le coup de peinture sur la maison, l’installation de la cuisine, le choix du carrelage… en France on a un pays d’ingénieur “Telecom”, on fait de l’infra, de l’aménagement.
Vous le voyez avec ces fortes chaleurs ; tout le monde ne peut pas installer une climatisation chez lui. C’est compliqué pour des raisons techniques, financières, de droits de propriétés, politiques. On se dit que si on avait penser l’urbanisme ce serait moins compliqué.
L’accessibilité numérique c’est de l’urbanisme fonctionnel. L’inclusivité numérique et l’Expérience Utilisateurs sont les piliers de la conception avec les usagers. L’accessibilité est la connaissance technique de l’intégration technique.
Note
L’accessibilité numérique et Design inclusivif sont rendu obligatoires dans l’European Accessibility Act (#EAA). C’est considéré par les plus grands experts du sujet comme la manière de rendre des services numériques accessibles.
Comment “Scaler” grâce aux Design Systems ?
Jesse Gardner a présenté le travail de l’État de New York concernant leur Design System, sa présentation montre le travail de fond que peut faire une équipe dédiée à l’accessibilité dans un grand organisme.
Jesse Gardner est directeur de l’accessibilité et des systèmes de design au New York State Office of Information Technology Services, où il dirige deux équipes au service de plus de 45 agences de l’État et de 20 millions de New-Yorkais.
Les enjeux :: une culture de fiabilité
Quand la conception et le langage changent constamment, cela augmente la charge cognitive de la personne qui utilise le service. Cela peut éroder activement la confiance envers l’organisation qui fournit le service.
Cette fragmentation n’est que rarement intentionnelle. La plupart des équipes sont passionnées par leur travail, mais elles opèrent dans des contextes étroits. Elles doivent faire face à une logique métier spécifique, à des exigences de politique publique et à des limites de temps ou d’expertise.
Jesse explique comment chaque agence peut s’approprier le design System pour décliner sa propre charte, car, selon lui, chaque agence peut avoir à se différencier et affirmer une identité. En fournissant des solutions de haute qualité qui rendent la vie des développeurs plus simple, les agences peuvent favoriser l’adoption de pratiques inclusives.
Cette approche s’éloigne d’un modèle de contrôle/police au profit d’un modèle d’habilitation.
Le résultat :: une documentation claire
Un système de design, comme le New York State Design System, est un ensemble de composants partagés, de standards et de lignes directrices qui aident les équipes à construire rapidement des applications utilisables. Il comprend généralement une bibliothèque de code, une bibliothèque de prototypage et un site de référence pour la documentation. Ces outils fonctionnent ensemble pour garantir que chaque produit numérique soit compatible mobile et accessible : https://designsystem.ny.gov/

Sur ces 2 liens Accessibility Checklist Build an Accessible Accordion , vous pouvez voir qu’une place importante est donnée à l’accessibilité dans la documentation.
Réflexion
Créer une Design System est une pratique qui semble assez courante dans les grands organismes. Rien de très innovant concernant ce sujet. Mais à quel moment et avec quel moyen faut-il passer du temps pour créer une Design System ? Quel investissement cela demande, quel coût en maintenance ? Quel coût en diffusion ?
Sur le Design System de l’État de New York, vous avez cette page Learn (apprendre le fonctionnement du Design System) , il y a des vidéos explicatives. Cela est un investissement nécessaire pour l’adoption.
Le [dépôt Github du Design System de l’État de New York] est publié en Open Source, il existe un paquet NPM (blibliothèque JavaScript) pour l’installation sur son propre système. Mais l’agence c’est aussi des applications , des événéments , des programmes … tout cela doit être accessible au regarde de la loi (pas dans le code mais inclusifs dans leur gestion/organisation).
Quand en France, on estime qu’il n’y pas besoin de référent accessibilité, ou qu’un référent interne nommé en interne à 50% de son temps de travail suffit ; on imagine réellement les enjeux et l’effort pour supporter l’adoption et l’amélioration d’une organisation dans un nombre très important de secteurs ?
A priori, l’investissement de État de New York est payant car leur services numériques doivent atteindre un fort taux de respect au référentiel et des équipes vont pouvoir appliquer des logiques inclusives de bout-en-bout. Ne pas s’engager sur une voie identique avec des moyens c’est tout simplement décider de ne pas prendre en compte le sujet de la discrimination et de laisser couler.
Quand on vous montre que les schémas pluriannuel sont vide c’est parce que ce que je viens de vous montrer concernant une organisation ambitieuse n’est absolument pas prévu.