C’est quoi un artisan du web ?

09 avr 2014

Vendre la qualité n’est pas chose facile. Dire à une personne qu’on propose une tarif plus élevé qu’un concurrent pour répondre au même périmètre, pour plus d’argent, n’est pas évident. Alors on invente des mots.

Vendre l’expérience

Arrivée au moment de parler argent, il faut donner un prix et voir quelle va être la grosseur des yeux de votre interlocuteur. Leur dire qu’on est cher mais que pour ce prix là on obtient une site de meilleur qualité n’est pas le discours le plus évident à caler.

Un peu comme dans une rencontre amoureuse, il n’est pas facile de pouvoir assumer certaines de ses idées sous peine de passer peut-être à côté d’un prochain rendez-vous. Alors, avec l’expérience, on apprend à ne pas tout dire ou à le dire d’une autre façon.

Inventer des mots

Alors les gens qui adorent leur métier au point de tout faire pour obtenir une qualité honorable et que cette passion a fait avec le temps des spécialistes de leur domaine ; ils ont commencé à se chercher un nom.

Il se sont appelés artisan du web. Et dire qu’on est artisan, c’est dire :

En fait ce que je vous dis pas c’est que je vais passer des dizaines d’heures supplémentaires sur votre projet que je suis incapable de vous décrire et qu’il me serait trop long d’expliquer.

Je ne sais pas vous mentir et je ferai, quoi qu’il arrive, mon maximum.

Alors pour être au minimum motivé par un partenariat. Vous allez me payer au minimum ce prix.

Conclusion

Artisan on ne sait pas bien ce que c’est ni si ça a vraiment un sens. Mais bon, à l’opposé de ninja ou super expert, une personne qui se prétend artisan c’est une personne qui va s’investir bien plus que le prix qu’elle vous donne.

Alors, artisans du web, pensez à demander un bon prix pour vos prestations ; clients, dites vous, si vous passez par un artisan du web (ou plusieurs), que vous aurez certainement bien mieux que ce que vous auriez imaginé avoir.

Je serai à Sudweb pour un atelier DIY

24 mar 2014

J’ai l’honneur d’avoir été convoqué pour présenter un atelier à la conférence SudWeb : Faites-le vous même – le Do It Yourself de vos bureaux.

En vrai, nous serons deux, je serai accompagné de Pierre Renault, un jeune ingénieur paysagiste talentueux.

Notre intention est de pouvoir, en 1h30, vous donner quelques pratiques de bricolage pour que vous aussi vous entamiez une démarche d’aménagement de vos bureaux. Pour vous convaincre, on essayera de vous embrigader par un discours évangéliste bien échafaudé.
J’hésite encore sur les costumes.

Plus sérieusement, on espère satisfaire les présents et leur faire passer un bon moment. Pour vous donner envie, voilà à quoi on passe nos soirs et week-end.

support tablette en carton

Un support pour tablette en carton.

table en palette

Une table en palette pour 30€.

Pour les motivés, vous pouvez poser vos questions dans les commentaires pour entamer la discussion. Sinon, il serait bienvenue que vous commenciez à réunir un peu de matériel : stylo, règle, cutter, tournevis cruciforme par exemple.

On vous tient au courant.

Ivan Illich, je n’aurai pas dû

10 mar 2014

La lecture vous permet de vous extraire du présent et de vous donner du recul pour développer de nouveaux points des vues sur le monde. Mais parfois certaines lectures vous désarçonnent ; je ne devrais pas lire Ivan Illich.

Les outils conviviaux

Une société dans laquelle les technologies modernes servent des individus politiquement interdépendants, et non des gestionnaires.

Je ne vous referai pas une description de ce que peuvent représenter les outils conviviaux selon Illich. J’essayerai juste de vous inciter à vous pencher sur ce concept qui me semble plus naturel que ceux que nous adoptons au quotidien.

Les utilisateurs

Dans les conférences, les réunions d’agence, les équipe de développement, vous entendrez parler de l’utilisateur ou des utilisateurs. Dans la phase de définition du besoin, on se demande ce que veut l’utilisateur.

Avec la méthode archaïque et autoritaire, c’est le donneur d’ordre (chef ou client) qui tranche sur ce que peut vouloir son utilisateur ; dans des méthodes utilisant les tests (utilisateurs), on se penche sur les résultats de ces même tests pour déterminer le besoin véritable.

Mais d’une manière ou d’un autre qui sont ces utilisateurs ? Est-ce qu’en utilisant ce terme neutre, on ne provoque pas une sorte dépersonnalisation des individus qui fréquentent vos pages web ?

Les objectifs

Pour déterminer les tâches prioritaires à réaliser, vous pouvez considérer quatre types de risques possibles :

  1. Business
  2. Social
  3. Technique
  4. Financier

C’est en fonction de ceux-ci que vous allez déterminer en quoi la réalisation d’une tâche peut être déterminante.

La description caricaturale de certains sites (exemple : les sites e-commerce), montrerait que seuls les risques business et financier sont pris en compte ; pour les sites associatifs ce serait les risques business et sociaux ; pour certains services en ligne se serait surtout les risques techniques, etc.

Un site qui fonctionne sur la durée prend les quatre risques en compte au moins un minimum.

Le groupe

Mettre au point une méthodologie qui dans un coin note le besoin de prendre en compte ces critères de risques, en ne s’intéressant qu’à la méthode et en ne visant que le plus(se) industriel, n’aboutira pas à la création d’outils conviviaux. Il s’agit quoiqu’il arrive d’une vision gestionnaire.

Aller vers les outils conviviaux, c’est se rendre compte que les réussites ne sont pas si nombreuses que ça. Les réussites ne sont que l’atteinte souvent partielle d’une sorte de saint-Graal de la gestion de projet.

Adopter un vision conviviale, c’est considérer la vision de groupe dans son ensemble et en discuter les risques de manière permanente, de façon à garantir sa « survie ».

Conclusion

Abandonner la logique gestionnaire peut plaire à chacun de nous ; pourtant notre éducation, la hiérarchisation de la société, notre dépendance à la technique, nous bloquent dans la possibilité d’agir d’une autre manière.

La convivialité ne s’atteint pas par la réalisation d’un business plan ; elle demande d’élaborer une intelligence de groupe dans laquelle on met en place des techniques qui font faire évoluer ce même groupe.

Personnellement, je tente l’aventure de la réalisation par « soit-même » de mobilier de bureau comme des tables hautes. Je vous en reparlerai.

La métastabilité

04 mar 2014

En réfléchissant au partenariat à établir avec les clients, je me suis dit qu’un élément important pouvait être de mettre en valeur un attention portée sur la facilité d’édition une fois le site en production pour le client. Mais en y réfléchissant, je me rends compte que tout le monde s’en fout… et pourtant.

L’édition de contenu

Si vous regardez les offres de mission ou écoutez des équipes parler, vous entendrez beaucoup parler d’interfaces mais surtout d’interfaces utilisateurs/clients ; vous entendrez beaucoup parler de fonctionnalités et des besoins pointus.

C’est possible, c’est pas possible ?, représente une sorte de point de discussion immuable. Et vous entendrez assez peu parler d’ok, d’où viennent ces données et comment on les édite ?

L’édition de contenu consiste à rentrer des données dans la machine. Pour des sites « communautaires », ce sont les utilisateurs qui rentrent les données, pour les sites « documentaires » ce sont des éditeurs plus ou moins expérimentés.

L’édition de contenu, c’est compliqué, on a beau faire le site le mieux du monde, y a toujours des gens qui ne savent pas utiliser toutes les options et rentrent des données non valides.

Le développement et la maintenance

Lorsqu’un site est développé par une équipe par une succession de plusieurs sprints ; un certain nombre de fonctionnalités vont être développées et mises en ligne.

Une fois en ligne, il y aura moins de développement et on va tester le bon fonctionnement du tout en regardant comment tout cela se comporte.

Lors du développement, il y a une grande dépense d’énergie pour faire passer un site de rien à la version 1 ou d’une version x à une version supérieure.

Lors de la maintenance, le site ne va pas beaucoup changer et l’objectif est de dépenser le moins d’énergie possible. Pour nous les développeurs, la dépense d’énergie supplémentaire n’est souvent pas payée (le débug). Le client pense que c’est de notre responsabilité que tout marche du premier coup.

La métastabilité

« Un état métastable sera caractérisé par un état qui correspond à un minimum local d’énergie. »

Dépenser plein d’énergie très vite pour avoir le plus d’options disponibles, c’est une vision des choses. Mais est-ce que l’éditeur ou l’utilisateur d’un site ne préfère-t-il pas dépenser le minimum d’énergie (cognitive et physique) pour réaliser une action sur un site ? Est-ce qu’une entreprise ne préfère-t-elle pas mettre à disposition le moins de ressource (financière et humaine) possible pour maintenir un site ?

Je pense que tout le monde préfère dépenser le moins.

Conclusion

Essayer de faire le plus possible, c’est bien ; mais pour aller loin, il faut ménager sa monture.

Si un site présente des volontés de durer dans le temps. Il faudrait peut-être mettre en valeur la notion de métastabilité ; organiser des phases évolutives et des phases de fonctionnement.

L’accessibilité, la performance, la qualité sont des disciplines qui concerne la métastabilité. Pour que ces disciplines soient mis en valeur, il faudrait peut-être construire un discours autour de ce coût de fonctionnement dans le temps au même titre que celui du développement.


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