Je te vois

Karl Dubost avait ébranlé la toile, fin mars, avec son article sur l'esclavage 2.0. Parodiant le terme mystérieux de web 2.0, il dénonçait les pratiques des entreprises, estampillées du label, qui, sous couvert de favoriser la création de réseaux sociaux et le partage de données entre communautés, générent du profit sur nos informations personnelles.

Pire encore, Marc Olanié, dans un article du 17 juin 2006, prévient de l'analyse, par la NSA, des informations relationnelles tirées de sites comme LinkedIn, 6nergie, Viaduc... Déjà soucieux de nos visites virtuelles et de la nature de nos livraisons numériques à domicile, le gouvernement américain n'en a pas assez de fouiller dans nos tiroirs mais désire en plus connaître en détail le prénom et la profession de chacune de nos fréquentations.

Même si contre ces dérives prévisibles du réseau, l'information reste un moyen de défense de nos libertés, nos pouvoirs de contestation semblent plutôt limités.
Avant tout, ce genre d'article est révélateur de nouvelles pratiques de renseignement que l'on amalgame actuellement à l'intelligence économique. Fort de rebondissements étatiques et de liaisons dangeureuses, cette discipline peine à se légitimer en France ; elle constituera néanmoins un secteur clef, ces prochaines années, pour l'économie internationale.