La nation Open Source, la nation libre ?

La culture plus déterminante que la technique, nous dit André-Yves Portnoff, Directeur d’études associé à Futuribles international.

Les dirigeants d’Alcatel ont amusé la galerie avec "l’entreprise sans usine" parce que, tout comme ceux de Detroit, ils n’ont eu le courage et la volonté d’adopter un management des hommes valorisant assez la créativité et l’intelligence de terrain pour pouvoir produire de façon compétitive sur le sol européen.

L’intelligence économique est souvent trop défensive. A force de chercher l’ennemi extérieur qui va venir nous voler nos secrets, nous oublions que nous sommes notre plus dangereux désinformateur tant que nous refusons de percevoir, souvent par arrogance ou en raison d’habitudes, de facilités et de modèles mentaux dépassés, les changements qui rendent urgent d’innover et de bouleverser nos pratiques.

horloge

Connaître la technique est important c'est sûr ; l'appliquer de la meilleure façon, de la façon la plus efficiente, c'est primordial.

Alors est-ce que l'avance technologique a encore un sens aujourd'hui ? Nous limitons trop souvent les performances d'une entreprise à sa maîtrise technologique sans pour autant mettre en avant les modalités de sa réussite. Stéphane Simard, un homme qui aime les jeunes, nous en dit plus : Vive la récession !.

Pourquoi voudrions-nous toujours produire plus de biens et de services? C’est comme si on vous demandait de courir de plus en plus vite sans jamais prendre de pause.

Toujours plus, mais au bout du compte, ce n’est pas une machine qui vit avec les conséquences, ce sont des êtres vivants : notre planète et nous qui vivons en symbiose.

Profitez donc de cette accalmie pour confier à vos employés des projets d’amélioration des processus ou investissez dans un programme de formation.

A quoi cela peut bien servir de continuer à jouer la carte du "plus" quand le marché désire désormais du "mieux". Il faut cesser d'investir dans le développement d'outils complexes et se pencher sur les pratiques à partir d'outils existants, performants et éprouvés.

Jouer la carte du logiciel libre et passer à l'économie du don semble être une bonne initiative ; c'est ce qui coûte le moins cher.

Seules l'entraide et la solidarité directe, d'être à être, sans intermédiaires, régulent véritablement l'économie, car il nous permettent de "sortir" du marché, et donc de lui donner sa place à l'intérieur d'une économie plus large, qui intègre l'économie du don et du partage.

Et si cela marche pour une entreprise, pourquoi cela ne marcherait-il pas pour un Etat ?