Echange de coups sur l'anxiogènité du web 2.0

Une petite bataille à propos du côté obscure des réseaux sociaux et du raccourcissement de l'accès à l'information. François Bernard Huygue avait lancé un billet tentant de montrer que la maîtrise de l'information (par une institution par exemple) devenait plus difficile avec la prise en main du débat par les communautés : Web 2.0, propagation et crise.

Tout événement semble à la fois appeler une réponse immédiate et comporter des développements en chaîne, menaçants ou prometteurs de nouveaux rebondissements.

Le surfeur est soumis à la pression de l'écoulement du flux d'information, dans lequel il essaye de garder la tête hors de l'eau.

Narvic a repris une partie du billet de François Bernard Huygue en le tirant : L'info virale sème la panique. Une façon de confirmer le point de vue de François Bernard.

Gilles Klein, lui, n'est pas tout à fait d'accord. L'information instantannée c'est pas nouveau, faut arrêter deux minutes : <a href="http://gklein.blog.lemonde.fr/2010/04/25/le-web-20-crisogene-et-anxiogene/" title="Le Web 2.0 "crisogène" et "anxiogène" ?">Le Web 2.0 “crisogène” et “anxiogène” ?.

Ils semblent avoir oublié que l’information permanente, le bruit permanent (avec l’annonce de nouveaux accidents, catastrophes, attentats, épidémies, démissions, crises diverses, vraies ou fausses, durables ou ineptes, simple fait divers ou etndance de fond, quelques fois déja terminées quand on commence à en parler), n’est pas née avec les réseaux sociaux

En tout cas François Bernard et Narvic semblent avoir un peu oublié Paul Virilio dont ils répètent, un paquet d’années après, le mantra, développé dans ses livres.

Bah oui, ce qu'il y a, en partie, de nouveau, c'est que lorsque l'information était synthétisée par les journalistes, le lecteur pouvait avoir plus facilement un recul sur un événement. Désormais avec le flux d'informations constant, le lecteur doit réaliser lui même le travail anciennement dédié aux journalistes.

Ce ne serait donc pas l'information virale qui serait crisogène mais la disparition des filtres de sélection et de synthèse de l'information ; la capacité d'un lecteur à effectuer lui même ces deux phases.

Les réseaux sociaux en eux même ne sont pas en cause. Il faudrait plutôt chercher dans la mise sur le marché trop rapide d'innovations, sans laisser le temps aux sociétés de s'approprier les pratiques.