Lien original : https://webaim.org/blog/an-extension-is-not-an-excuse/

Introduction

En France, quand on fait le tour des publications sur le sujet de l’accessibilité numérique, on trouve souvent que si un organisme est soumis à l’obligation sur l’accessibilité numérique, cet organisme doit être conforme au RGAA.

Oui, mais ce n’est pas suffisant. Pourtant voyons que même, si un organisme se limitait à la conformité au RGAA, il oublierait des choses. Pourquoi ?

Parce que souvent, les audits se limitent à quelques sites web ou applications et oublient d’aller tester : les formulaires d’inscription, les systèmes de paiement, procédures de réclamations, les documents…

Voyons ce qu’un organisme devrait faire de manière immédiate.

Les priorités en accessibilité numérique

Priorité 1 : priorité aux services les plus importants

Toutes les pages, tous les documents ou tous les écrans d’application n’ont pas le même impact immédiat. La prise de rendez-vous, les formulaires d’admission des patients, les demandes de prestations, les systèmes de paiement, les formulaires de contact, les procédures de réclamation, les informations d’urgence et les documents obligatoires doivent être traités en priorité.

Si un obstacle empêche une personne de recevoir des soins ou de participer à un programme, il ne faut pas attendre la fin du plan de projet pour y remédier.

Priorité 2 : cessez de créer de nouveaux contenus inaccessibles.

Une organisation qui passe une année entière à corriger d’anciens fichiers PDF tout en continuant à publier de nouveaux fichiers PDF inaccessibles revient à vider un bateau qui prend l’eau alors que le robinet est toujours ouvert.

Les modèles, les pratiques de création, les flux de travail documentaires et les autorisations de publication ont tous leur importance.

Priorité 3 : prenez les achats au sérieux.

De nombreux problèmes d’accessibilité pénètrent dans les organisations par le biais de produits tiers.

Les plateformes de sites web, les générateurs de formulaires, les systèmes de planification, les applications mobiles, les widgets cartographiques, les processeurs de paiement, les systèmes de gestion de documents et les lecteurs multimédias intégrés peuvent tous créer des obstacles.

Les organisations doivent poser des questions directes aux fournisseurs, exiger une documentation d’accessibilité crédible, inclure l’accessibilité dans les contrats et tester les flux de travail importants avant l’achat. « Notre fournisseur s’en charge » n’est pas une stratégie, à moins que le fournisseur ne s’en charge réellement.

Priorité 4 : formez les personnes qui créent et gèrent le contenu.

L’accessibilité ne peut pas reposer uniquement sur le développeur web ou un consultant externe. La personne qui rédige les titres, ajoute des liens, télécharge des PDF, crée des visuels pour les réseaux sociaux, publie des vidéos ou conçoit des formulaires peut soit réduire les obstacles, soit les multiplier.

Une formation de base destinée aux auteurs de contenu permet d’éviter de nombreux problèmes courants avant même qu’ils n’atteignent le public.

Conlusion

Beaucoup d’organismes qui commencent à prendre en compte l’accessibilité numérique, essayent d’appliquer ce qu’elles ont compris de ce sujet.

Souvent, mal compris, mal perçu, l’accessibilité numérique est vu comme un sujet supplémentaire qu’on va essayer de régler de manière logique : je lis la loi, j’applique les textes.

Sauf que, l’obligation légale cache une certaine complexité dans le pilotage. Il n’est pas possible d’améliorer l’accessibilité numérique de manière linéaire ; du type : je réalise un audit, je forme les personnes et je réduis les anomalies.

L’accessibilité numérique est dedans (les services internes), dehors (les achats), au dessus (comprendre le handicap), en dessous (compétences techniques). Et l’accessibilité numérique aussi est révèlateur de parcours et de besoin quu n’ont pas été pris en compte, des angles morts dues à l’organisation interne.

Un référent, expert en accessibilité numérique, ne va pas juste organiser des formations et des audits ; il va avec son expérience agencer finement des actions de manière à ce que des initiatives forment un tout. Sinon, on va se limiter à essayer de corriger bêtement des erreurs techniques pour plafonner dans les politiques sans jamais améliorer réellement les services.