La technologie cesse d’être neutre

J’ai beau parler d’Ellul sur ce blog, je n’imagine pas qu’on puisse expliquer la technique uniquement par son prisme de pensée. Pourtant, aujourd’hui Jacques semble bien être le nouveau Messie.

« Aucune technologie sociale n’est neutre »

La 18 novembre, c’est Olivier Ertzscheid : « Aucune technologie sociale n’est neutre » qui répond aux questions du comptoir.

C’est plus que probable. Aucune technologie sociale n’est neutre. Concrètement, cela se traduit par le fait que ces firmes jouent un rôle de plus en plus déterminant dans des secteurs économiques majeurs comme la finance avec le Trading Haute Fréquence, ou le transport avec les voitures autonomes. Or, contrôler ou intervenir dans ces secteurs-là, c’est déjà faire de la politique.

Une technologie n’est pas neutre, et encore moins celui ou celle qui fait des choix technologiques.

La 25 novembre, Framasoft écrit ce billet très incisif : Pourquoi Framasoft n’ira plus prendre le thé au ministère de l’Éducation Nationale

Or, lui oppose Socrate, aucune technique n’est neutre : le principe d’efficacité suppose déjà d’opérer des choix, y compris économiques, pour utiliser une technique plutôt qu’une autre ; la possession d’une technique est déjà en soi une position de pouvoir ; enfin, rappelons l’analyse qu’en faisait Jacques Ellul : la technique est un système autonome qui impose des usages à l’homme qui en retour en devient addict. Même s’il est consternant de rappeler de tels fondamentaux à ceux qui nous gouvernent, tout choix technologique suppose donc une forme d’aliénation.

Je ne suis pas certain que dans ces deux articles, les interviewés utilisent pleinement le concept d’Ellul mais la référence est nettement affirmée.

On peut dire qu’ils ont au moins choisi leur camp.